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Billet 1 : Et si Platon nous contait fleurette ?

Parcours d’une libertine 2.0 en quête d’érotiques solaires.


Partie I : Quand sagesse ne rime pas avec tristesse !


Billet 1.1 Et si Platon nous contait fleurette ?


Introduction : flirts philosophiques, amours libertaires, récits érotiques. 


Se définir et définir les racines des réflexions d'une femme émancipée et libertine relève de l'acrobatie pour mes neurones : comment être modérée sans être timorée ? Être astucieuse pour ne pas vous ennuyer, et pourtant aborder des sujets sérieux sans vous rebuter ? Vous emmener dans les circonvolutions de mon esprit et sur les traces de la naissance de mes pensées, sans vous lasser ? Un exercice qui tient de la roulade stylistique, du poirier narratif, sans oublier le saut de poutre imaginatif.


Mais en tant qu' adepte de la haute voltige, je vais lever le voile sur les thématiques qui sous-tendent les récits sensuels et libertaires d'Anarelle, auteure.


Et afin de titiller vos synapses et de faire valser, tout en douceur, quelques-unes de vos convictions, dans cette première série de billets, je vous présenterai des philosophies jouissives où corps et esprit s'expriment ouvertement. Celles-là mêmes qui ont inspiré ma philosophie de femme libertine. Des offrandes d'humanistes, aux arômes capiteux, qui, loin du fumet austère de certaines religions, nous invitent à envisager un monde où sagesse ne rime pas nécessairement avec tristesse. Des pensées qui proposent des voies d'harmonie, sans imposer de restrictions ni actes de contrition.


Dans la seconde partie d'une nouvelle série de billets, nous passerons à la pratique : ou comment mes constructions mentales se sont confrontées à la réalité du terrain dans le milieu libertin.


Pour finir, dans la troisième, nous partirons ensemble explorer le monde de la littérature érotique. Je vous y livrerai également les idées que je souhaite transmettre dans mes récits inspirés par mes expériences.


Êtes-vous prêt ? Alors, chaussez vos bottes de sept lieues cérébrales et partons en randonnée pour découvrir un paysage où vallées et pics, féminins et masculins, se lient, réconciliés, pour ne former qu'un, tout en préservant leur individualité.


Débutons notre voyage par un arrêt dans la Grèce antique, berceau philosophique de notre civilisation occidentale. Attablons-nous avec Platon et voyons ce qu'il a à nous dire sur notre quête d'amour.


Platon et l’énigme androgyne : Amour, mythes et bidouilles cosmiques !


Platon, représenté depuis plus de deux millénaires sous les traits d’un barbon, barbu à l’apparence aussi barbante que rébarbative (je pense que là vous avez bien l’image du sage à la pilosité faciale fournie et l’œil sévère. Eh non de la petite poilue, posant à côté de moi sur la photo d'illustration, ne se prénomme pas Platon !).


Donc, ce philosophe est plus connu pour ses idées carrées que pour ses élans romantiques. Pourtant, il nous a légué dans son « Banquet » un conte pour sentimental éperdu, celui du mythe de l’androgyne.


Il nous donne à imaginer, se cachant tout de même un peu derrière le discours du poète comique Aristophane, qu’au début des temps nous étions des êtres entiers, ronds comme des pommes, dotés de deux visages et d’un équipement corporel en double exemplaire. Des êtres complets, presque d’une puissance sans égale et d’une suprême félicité.


Évidemment, ce qui devait arriver arriva, nos ancêtres prirent la grosse tête, et ils défièrent les dieux. Et ne me rétorquez pas que c’est la faute des gars, comme d’hab’, avec leur ivresse du pouvoir, parce que là nous étions féminin-masculin confondus, donc équitablement « coupables ».


Zeus, le macho en chef de l’Olympe, fou furieux de nos incartades, ne fit ni une ni deux et descendit de sa montagne, peut-être un poil (encore une histoire de poil, on y revient !) envieux de notre complétude, et dans un élan de créativité punitive décida de nous fendre la poire, et pas qu’elle : nos corps attachés aussi, en deux. De cette partition naquirent un homme et une femme séparés à jamais. Depuis, nous sommes condamnés à chercher notre moitié perdue pour retrouver notre intégrité originelle.


Avouez que le mythe est joli et que Cupidon, lui-même, n’aurait pas dit mieux que notre antique velu.


Divinité volage et quêtes humaines : mon épopée philosophique au lycée.


C’est en classe de terminale, en cours de philosophie, que je prends connaissance cette fable, ou peut-être n’en est-ce pas une, dans laquelle chaque être humain peut se retrouver.


Fatiguée des querelles émaillant les cieux du mont Olympe, entre les dieux et les déesses qui faisaient trembler le monde hellénique — entre autres, les innombrables récits où Héra attendait Zeus armée d’un rouleau à pâtisserie suite à l’une de ses multiples frasques adultérines, sûrement dues à une erreur d’aiguillage dans l’accouplement de leur attelage — je plonge, en apnée, dans le « Banquet », toute soucieuse d’explorer le fleuve de la pensée platonicienne. 


Je m’aperçois, alors, que le mythe de l’androgyne ne se cantonne pas à la quête effrénée d’un Valentin ou d’une Valentine. Non, non ! Il nous dit, l’air de rien, que dans notre petite personne, nous avons tous des mélanges de yin et de yang, de Barbie et de Ken, (évidemment Platon ne l’avait pas écrit pas ainsi, mais on peut extrapoler, n’est-ce pas ?)


En bref, le philosophe décrète que nos identités sont aussi variées qu’un buffet à volonté, et, par là même, que notre moitié peut être d’un genre similaire au nôtre. 


Une autre révélation du « Banquet », (décidément, un festin pour l’esprit ! Je sais celle-ci vous l’attendiez depuis le début, et je n’allais pas vous décevoir !) : l’amour devient une sorte de chasse au trésor où l’on cherche non seulement notre « demi », mais tout autant une harmonie personnelle, des relations apaisées entre notre Vin Diesel et notre Mary Poppins intérieurs. On peut aussi être l’un des sept nains ou une Blanche-Neige endormie, c’est comme vous le sentez ! Un croisement des quatre, pourquoi pas ? Ce ne sont que des exemples, parmi des dizaines de combinaisons possibles, à vous de faire votre mix.


Le philosophe mentionne, d’autre part, que, pour l’amour avec un A majuscule (enfin l’Éros, car la langue grecque possède tout un tas de déclinaisons pour exprimer nos différents supports affectifs), ton complément est celui (celle) qui te prend, avec tes paillettes et tes petits monstres intimes, sans te coller des étiquettes comme on le fait avec les fruits et légumes ni te mettre dans une cagette fermée à double clé dont il (elle) est le seul proprio.


Et au bout du compte, il déduit que malgré notre incomplétude due à l’intervention de Zeus, on peut tout de même s’assembler comme les pièces d’un puzzle et créer des liens aussi solides qu’une connexion Wi-Fi en fibre optique !


Testeuse d’âme sœur, un job à temps plein !


Est-ce que mon âme sœur m’est apparue tout de suite ? Non, bien sûr que non, parce que cela relève de la pêche à l’anguille, sans crochet (une chimère), au milieu de trombines barbotant dans le fleuve Amazone, quand vous ne tombez pas carrément sur des piranhas.


Parce que, voyez-vous, le souci avec ce mythe, c’est qu’une seule personne peut vous correspondre. Et il faut en essayer des produits, défaire l’emballage, tester la saveur, et regoûter encore pour être sûre que… et même en l’étant, sur l’instant, pas évident que cela perdure. Une quête, finalement, qui a autant de chance d’aboutir que celle de trouver cinq fois de suite les bons numéros de la loterie nationale.


Bref, un travail de globe-trotter de l’amour sur une planète comptant un peu moins de 6 milliards d’habitants dès l’époque de mes dix-sept ans. Quoi ? Autant ? Ben, oui ! Car comme vous l’avez compris, il n’est pas nécessaire que votre moitié soit d’un sexe différent du vôtre.


Mais qu’est-ce qu’on peut être courageux ou rêveur, ou les deux à la fois, à cet âge-là !


Alors, à l’instar de la plupart des jeunes filles, de ma génération ou de l’actuelle, j’avais la conviction qu’il existait un prince charmant, puisque c’est une retranscription de ce mythe qui nous est proposé dans les contes de Perrault ou des Frères Grimm, qui se cachait quelque part…


Bien décidée à partir à sa recherche, car je ne voyais aucune raison de l’attendre entre les murs de mon château (pavillon de banlieue parisienne) ni de filer quenouille (manipuler le plombier Luigi dans le jeu Mario Bros), je débutai ma collecte d’amourettes, en espérant que l’une des premières, par un coup de chance phénoménal, soit la bonne.


Et c’est ainsi qu’au cours de mon année du passage du bac, je me suis éperdument éprise de…

 

Lire la suite du Parcours d’une libertine 2.0 en quête d’érotiques solaires.

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Pour aller plus loin, quelques sources :

https://la-philosophie.com/la-philosophie-du-desir


Lire un extrait du mythe de l’androgyne du « banquet » de Platon

https://cours.univ-paris1.fr/pluginfile.php/1801072/mod_resource/content/1/PLATON%20Banquet%20Mythe%20des%20androgynes.pdf